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Dans les coulissesParfum

Racontez-nous votre Madeleine de Proust. Ecrivez-nous !

By 1 septembre 2018 février 7th, 2019 No Comments

Nous avons tous une odeur que l’on affectionne par dessus tout. Un parfum qui nous fait chavirer. Si nous l’aimons tant, c’est parce qu’il nous transporte et nous procure un sentiment intime. Nous avons tous une Madeleine de Proust.

Cet article c’est un peu vous qui l’écrivez. Nous avons choisi de mettre en avant votre anecdote, votre expérience, votre odeur fétiche, votre petite madeleine. Ce parfum qui vous rappelle tant de choses. Nous mettrons à jour l’article en espérant qu’il se remplisse encore et encore au fil de vos récits. Nous vous remercions déjà pour le plaisir que nous avons à vous lire.

La Madeleine des In-Spirés

Erdeven par Nina

« Erdeven. Le simple fait d’écrire « Erdeven » me fait du bien. Erdeven c’est la liberté, la beauté, le sauvage, le paisible, enfin mon paradis à moi. Si je ferme les yeux, je me vois là, debout, au milieu des dunes à respirer l’air à pleins poumons. Mais pas n’importe quel air. A Erdeven il est tellement pur. Lorsque j’inspire profondément ce n’est pas juste pour faire rentrer de l’air mais pour m’imprégner de toute l’atmosphère.

C’est tout d’abord, le parfum des fleurs des dunes qui me saisit. « Aimer » n’est pas assez fort pour qualifier ce que je ressens, je suis envoûtée, presque émue. Ces petites fleurs sont jaunes, vertes, violettes, piquantes, douces, elles sont magnifiques. Magnifiques pas seulement par leur beauté, aussi par ce qu’elles dégagent. Elles semblent à la fois si zen et si rebelles même arrogantes. Leur parfum est exactement pareil. Il apaise mais possède ce côté surprenant qui pourrait en déranger plus d’un.

Si j’inspire encore un peu plus profondément, je sens la mer. Cette sensation rafraîchissante, revitalisante qui booste ! Je me sens comme elle, forte, invincible. A Erdeven, debout dans les dunes, face à la mer, je me sens connectée à la nature comme nulle part ailleurs. Je suis reliée à elle par tous mes sens, chaque partie de mon corps et même de mon esprit.

Pour conserver en permanence cette sensation, j’ai cueilli quelques petites fleurs des dunes pour les mettre dans ma voiture, au niveau des grilles d’aération. En fait, j’ai tout bêtement copié mon papa, qui faisait ça quand on était petits. Entrer dans ma voiture devenait un vrai plaisir. Ma tête pleine de tracas du quotidien se vidait d’un seul coup. Une seule inspiration et Erdeven était là. Je fermais les yeux pour que ça ne s’arrête pas jusqu’au moment, où sans réfléchir, j’ai allumé le ventilateur et toutes les fleurs ont volé partout ! »

Article original: https://medium.com/@ninoushkalr/erdeven-3e535780f292


La fenêtre de mon enfance, par Noémie

« J’avais l’habitude, l’été venu, de partir quelques jours dans la maison de vacances de ma grand-mère, située au bord de l’océan. Celle-ci se trouvait dans un village baigné de touristes enjoués, qui, chaque jour, allaient et venaient sous un soleil de plomb entre la plage, les marchands de glace et autres cafés.

Chaque matin, je me réveillais dans mon petit lit situé dans la mezzanine de notre maison de famille, là où dormait aussi ma sœur. Malgré le volet tiré, la pièce était déjà baignée de soleil. Je décidais tout de même de le pousser et d’ouvrir notre fenêtre pour démarrer une nouvelle journée. C’est là que venait ce moment si particulier. Devant moi, le bruit des tourterelles qui roucoulent et des canards qui, au loin sur le lac, cancanent. La vue sur les hauts pins qui habillent le quartier et surtout leur odeur enivrante, mêlée à cette odeur chaude et envoûtante que j’attribue au soleil. Derrière moi en fond, l’odeur du café qui coule, et celle du pain grillé.

Il m’arrive aujourd’hui de sentir ces odeurs en poussant, au lever, les volets de la fenêtre de ma chambre. Mais surtout, ce sont les sensations qu’elles me procurent, et les émotions qu’elles réveillent en moi, que je ressens. Elles m’offrent simplement un retour en enfance, qui me rend parfois nostalgique. Mais, mieux que ça, elles me réconfortent et me rappellent qu’en nous vit l’enfant que nous étions, et que nous sommes resté. »

Article original : https://medium.com/scribe/ma-madeleine-de-proust-9e43b150b49d


La Pluie, par Thibaut

« Il est 18 heures. Nous sommes au mois d’Août, et je viens de passer la plupart de ma journée confiné à l’intérieur d’un bureau. Dehors, il règne une chaleur écrasante. Un temps lourd, presque étouffant. En fin d’après-midi, une pluie d’orage s’est abattue à grandes eaux — ces grosses gouttes qui rebondissent sur le sol. Mais, comme une pluie d’orage, elle n’a pas rafraîchi l’air ambiant. Le bitume est encore chaud, la ville ressemble à un gigantesque hammam.

On ne sait pas si notre corps transpire ou si l’humidité de l’air est acculée sur notre peau. En marchant, je souris. Je respire à plein nez cette odeur à la fois humide et chaude qui se dégage du sol, de la terre et des herbes hautes sur la chaussée. J’aime cette odeur qui émane après une pluie chaude d’été. Dans les jardins particulièrement. Les parfums des fleurs se mélangent, tous plus forts les uns que les autres. Les aromates prennent souvent le dessus. Les troncs des arbres libèrent une odeur chaude et boisée, presque sensuelle. Même le bitume, qui d’habitude m’est si désagréable à cause de sa pollution, se mêle à toutes ces odeurs.

Pourquoi est-ce que j’apprécie tant ce moment ? Certainement parce qu’il me rappelle mes voyages en Martinique, enfant, lorsque nous nous baladions dans les jardins luxuriants de Balata. Il me rappelle cet air chaud et moite, qui exacerbe les effluves des fleurs tropicales; cette atmosphère si particulière, comme si le ciel était tombé et restait, là, stagnant à même le sol. Je me rappelle de ces averses tropicales, qui détrempent le sol et saturent les caniveaux en un rien de temps. Cette pluie chaude sous laquelle on se sent bien. Ce n’est pas tant l’odeur que j’apprécie, c’est en fait le souvenir et l’émotion qu’elle suscite en moi. »

Racontez-nous votre histoire !

Partagez avec nous votre Madeleine. Envoyez-nous votre histoire, vos émotions, vos souvenirs… Lâchez-vous! Un roman ou 3 lignes, prenez surtout plaisir à vous remémorer cette odeur et à nous la décrire.

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Racontez-nous votre madeleine en commentaire ou envoyez-la directement à Marcel par mail à marcel@in-spir.co ! Merci !